Histoire de la carte postale du 24 août 1911. Le 21 novembre 1910, les jeunes gens de Torcy qui ont 20 ans cette année-là sont invités à s'inscrire à la mairie sur la liste des conscrits. Le 24 août 1911, jour de la fête du village de Torcy, ces conscrits se font prendre en photo devant le mur de l'école des garçons (actuel conservatoire à rayonnement intercommunal situé place de l'Église). 16 sont présents sur les 18 enregistrés, et en l'état actuel des recherches, on ne peut associer un nom à un visage.
AUBLED Alexandre - CLOUZET Raymond - DEVIER Henri - MAILLARD André - BOIVIN Maurice - COCHET Georges - GAY Paul - NUTELET Henri - CAIN Olivier - DÉZERVILLE Georges - GARDIN Toussain PARDE Fernand - CHAVANNE Émile - DELBECQ Léopold - GÉOLARD Camille - CHENET Marcel - DERAY Alfred - GUYARD Julien.
Histoire de la carte postale du Conseil de révision de 1916. La prise de vue du lieu est inconnue. Monsieur Raoul Tassin est identifié, assis au milieu, sur le banc. Il est blessé le 6 avril 1915 au front par un éclat d'obus qui lui fait perdre un oeil, et sera réformé. Il sera cité à l'ordre de l'armée : « S'est fait remarquer maintes fois par son sang-froid et sa belle conduite au feu. Blessé grièvement le 6 avril 1915 en se portant courageusement à l'attaque d'une position ennemie. » Sur les 9 conscrits de 1916, 5 décèderont durant la guerre, parmi lesquels Lucien Pinard, assis à droite sur le banc.
CAMBIER Maurice - GIBAULT Louis - PINARD Lucien - VAYSSIE Pierre - CARON Hubert - MORET Lucien- PLIQUE André -VEDRENNE Jean - DAGUE Robert Details
À partir du 2 août 1914, le général Michel lance les travaux de renforcement du camp retranché par la construction de tranchées, de réseaux de fil de fer, d'abris et d'une centaine de batteries d'artillerie. Les positions d'infanterie et d'artillerie sont achevées à la fin de l'automne 1914. Durant l'été 1915, une importante part de l'armement et de l'équipement prévus pour le camp retranché est déjà acheminée vers le front pour compenser les pertes.

Les troupes, les officiers, les chevaux, les mulets logeaient chez l'habitant contre rémunération. Les officiers et les sous-officiers payaient leur logement. C'était gratuit pour la troupe qui, quand elle cantonnait, avait droit à une botte de paille par homme. Le bois pour la cuisson ou le chauffage, les bougies pour la lumière et le pétrole étaient aussi échangés chez l'habitant contre des bons de réquisition donnés par la mairie de Torcy.
Le 27e bataillon de chasseurs alpins vint cantonner quelques jours à Torcy et le 27 juin 1917, la fanfare convia les habitants à assister à un concert de musiques militaires en remerciement de l'accueil qui lui fût réservé.
Ce régiment territorial arriva début août 1914 à Torcy pour effectuer les travaux du camp fortifié. Il resta un mois et partit le 15 septembre 1914. « nettoyer » le champ de bataille du combat d'Iverny (voir 1914 « La bataille de la Marne »).
Différentes batteries de ce 4e régiment d'artillerie territoriale cantonnèrent à Torcy de septembre 1914 à juillet 1915. Comme beaucoup d'autres batteries, elles repartirent au front pour combler les pertes. La photo représente des soldats de la pièce N° 8 de la 45e batterie du 4e régiment d'artillerie quand elle se trouvait à Torcy.
Ce régiment cantonna le plus longtemps à Torcy, du 15 décembre 1914 au 8 mai 1915 avec l'état major et plusieurs compagnies. La 7e compagnie à la Ferme du Buisson à Noisiel (photo ci-dessous le 30 décembre 1914 - chtimiste.com), la 6e au château de Rentilly où se trouvait aussi une batterie d'artillerie. La 8e compagnie était en charge de la garde du pont de Vaires (1 sous-officier et 10 hommes).
Le 5 septembre 1914, le 8e escadron du 7e régiment de Hussards qui faisait partie de la 170e brigade stationnait à Torcy. Cet escadron resta un mois puis repartit sur d'autres secteurs de combats.
Ce cénotaphe, dont la peinture est d'Étienne Mondineu, est né d'une commande des habitants de Torcy aux lendemains de la Première Guerre mondiale, pour commémorer les soldats de Torcy tombés durant la Grande guerre. Il est réalisé grâce à une souscription*, dont les donateurs sont Madame et Monsieur Auguste Raphaël Fontaine, propriétaires du château des Charmettes, les habitants de Torcy, ainsi que le peintre lui-même.
Installé dans l'église, le tableau est enchâssé dans des boiseries en bois de peuplier plaquée de bois de chêne ciré. De grande dimension (3,57m de hauteur, 2,53m de largeur), l'ensemble est composé, d'un emmarchement sur lequel repose deux colonnes ioniques supportant un fronton triangulaire. Au pied du cénotaphe est fixé une plaques de laiton faisant apparaitre les donateurs.
La peinture s'organise autour de la représentation d'une stèle. Les discrètes fuyantes permettent d'imaginer un cénotaphe. Si l'œuvre représente un émouvant hommage aux soldats tués, la présence guerrière, matérielle ou symbolique, reste modérée.
Formant un cadre ovale, trois personnages entourent un jeune soldat : un jeune garçon, une victoire ailée et une petite fille au regard tourné vers le visage en médaillon du héros. La silhouette en uniforme de celui-ci est suggéré graphiquement par un dessin à l'or. En surimpression, l'impressionnante liste de noms et prénoms des victimes de cette guerre se répartie en deux colonnes verticales.
Les trois personnages représentés sont des habitants de Torcy : l'adolescent est identifié comme Fermand Delanoue, fils d'Armand Delanoue, dont le nom figure parmi les soldats tués. A droite Madame Huardeau, dont le nom figure également sur la liste, prête ses traits à l'allégorie de la Victoire ailée, aux côtés d'une petite fille, Mlle Cottet.
La toile comporte 89 noms. Certains n'apparaissent pas mais sont inscrits sur les deux autres Monuments aux Morts de la commune. Cela s'explique par le fait qu'en 1919, la situation administrative des soldats non rentrés de la guerre n'est toujours pas officialisée. Les soldats portés disparus seront enregistrés ultérieurement, reconnus Morts pour la France et inscrits sur les deux autres monuments.
Présentant des déchirures et abîmée par le temps, la toile a fait l'objet d'une restauration en octobre 2018, à l'initiative de Guillaume Le Lay-Felzine, maire, des élus du conseil municipal et de l'association Les Amis du Château des Charmettes.
Cet exceptionnel travail de restauration a été réalisé par une équipe pluridisciplinaire autour de Béatrice Villemin, restauratrice spécialisée dans le traitement de la couche picturale, avec Sylvain Oudry, restaurateur de mobilier pour le démontage et le remontage de la toile de la structure en bois et Lucia Tranchino, restauratrice spécialisée dans le traitement du support toile de grands formats.
* La souscription est l'engagement pris par un particulier de fournir à une date convenue une somme d'argent pour financer un monument, une œuvre, un emprunt…
Sources documentaires :
- « Etienne Mondineu, peintre gascon de la lande et du feu » de Yves Coriou, Ediions d'Albret, 2017.
- Revue d'information "Val Magazine" N°6, déc. 1995. Article réalisé par l'Association Connaissance du Val-Maubuée.

Huile sur toile, 3,22m x 2,18m, 1919.

Étude
Fils d'un médecin de campagne et issu d'une ancienne famille de propriétaires terriens, Étienne Mondineu entre en 1888 à l'École des Beaux-Arts de Bordeaux à l'âge de 16 ans. Cinq ans plus tard, en 1893, il intègre l'École Nationale des Beaux-Arts de Paris. À 25 ans, en 1897, il expose pour la première fois au Salon des Artistes Français, où il obtient une mention honorable. L'État acquiert son premier tableau en 1899, intitulé La Fête landaise. Membre de la Société des Artistes Français dès 1902, Mondineu participe régulièrement aux Salons.
À 40 ans, au sommet de sa carrière, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur. Il réalise de grandes toiles, principalement des compositions acquises par l'État, La Bibliothèque nationale de Paris conserve « Sept jours à Reuilly », recueil composé d'une couverture à la mine de plomb et de six aquarelles (collection Raymond Poincaré, chef d'État). Son travail inclut également des scènes de la vie rurale, souvent inspirées de sa région natale, le Lot-et-Garonne.
Pendant la Première Guerre mondiale, Mondineu témoigne de son engagement patriotique à travers la peinture. Affecté dans le corps des Territoriaux, il saisit le quotidien des soldats "poilus" en réalisant de nombreuses œuvres – peintures, aquarelles, dessins et croquis – qu'il produit tant à la caserne de Reuilly (Paris) qu'à Torcy (Seine-et-Marne), où il est cantonné. Certaines de ces œuvres exaltent le courage des soldats, tandis que d'autres offrent une vision plus documentaire de leur vie quotidienne.
Après la guerre, en mémoire des habitants de Torcy tombés pendant le conflit, Mondineu exécute une grande toile à la demande des habitants de la ville. Cette peinture commémorative, installée dans l'église Saint-Barthélémy de Torcy, perpétue la mémoire des victimes de la Grande Guerre.
Sources documentaires :
- « Etienne Mondineu, peintre gascon de la lande et du feu » de Yves Coriou, Ediions d'Albret, 2017.
- Revue d'information "Val Magazine" N°6, déc. 1995. Article réalisé par l'Association Connaissance du Val-Maubuée.

Interrogatoire d'un prisonnier, escorté par deux zouaves.
1914 - Coll. privée

Soldat en faction - Torcy 21 août
1914 - Coll. privée

Distribution de rations de viande au bivouac de Torcy.
Huile sur panneaux de bois, 33 x 24 cm, 1914 - Coll. privée

Distribution de rations de viande au bivouac de Torcy.
Huile sur panneaux de bois, 33 x 24 cm, 1914 - Coll. privée
Un fils tué, des époux meurtris, des familles endeuillées… La Première Guerre mondiale n'a épargné personne. Cette exposition, labellisée par la Mission centenaire, retrace la vie d'une trentaine de Torcéens partis au combat, dont les noms sont inscrits sur les Monuments aux Morts de la ville.
Cette exposition est née de la volonté de Guillaume Lelay-Felzine, maire de Torcy accompagné de Jacky Frossard, président de l'association Lacc. Elle est le fruit du remarquable travail de recherche des adhérents de l'association torcéenne Les Amis du Château des Charmettes, dans les documents d'archives de la ville de Torcy et de l'association, sous la conduite de François Pourageaux. Les consultations d'archives ont mis à jour plus de 4 000 documents permettant de mettre un visage sur cette trentaine de soldats anonymes.
Un parcours chronologique d'une quinzaine de panneaux reprend les noms des 99 soldats figurant sur les monuments aux Morts de Torcy, et, tout en donnant à voir le contexte local, national et international de l'époque, s'attache à mettre en lumière ce que fut la vie de
32 d'entre-eux. Derrière ces identités,on peut apercevoir un peu de leur réalité charnelle, leur rendre un hommage ultime et être« passeur de mémoire ».
Réalisation : Ville de Torcy
Association LACC
Consultant : Éric Lafon, directeur du musée de l'Histoire vivante de Montreuil
Scénographie : Vincent Priol
Régie d'exposition : Service culturel de la ville de Torcy
Réalisation graphique : Franck Maffre
- Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux
- Omac (Office Municipal d'Animation de la Cité)
- Mission du centenaire de la Première Guerre Mondiale
- Conseil Départemental de Seine-et-Marne
- Société Icade
- Archives départementales
- Association LACC
- ECPAD - Agence d'Images de la Défense